Durée de construction d’une maison plain-pied : étapes et planning
Combien de temps pour construire une maison ? Permis (2 mois), recours (2 mois), chantier de 11 à 13 mois en moyenne, réception et conformité : le planning complet.
·6 min de lecture·Par Marc L.

L’assurance dommages‑ouvrage doit être souscrite avant l’ouverture du chantier. Elle prend en charge les réparations relevant de la garantie décennale.
Le Code des assurances (article L242‑1) impose à tout maître d’ouvrage qui fait réaliser des travaux de construction, d’extension ou de surélévation de souscrire une assurance dommages‑ouvrage (DO). Cette obligation s’applique au particulier comme à l’entreprise. L’objectif est de garantir au propriétaire, puis aux acquéreurs successifs, le préfinancement rapide des réparations des dommages relevant de la garantie décennale, sans attendre une décision sur la responsabilité du constructeur.
L’article L243‑3 du Code des assurances prévoit des sanctions pénales en cas de défaut d’assurance. Elles ne s’appliquent pas à la personne physique qui construit un logement pour l’occuper elle‑même ou le faire occuper par son conjoint, ses ascendants ou ses descendants. L’obligation de s’assurer demeure pourtant : sans DO, vous financez vous‑même les réparations en attendant l’issue d’un litige, et une vente dans les 10 ans doit mentionner l’absence d’assurance.
L’assurance doit être souscrite avant l’ouverture du chantier, c’est‑à‑dire avant le démarrage effectif des travaux. Le délai d’instruction d’un dossier par l’assureur peut prendre plusieurs semaines : mieux vaut lancer les demandes de devis dès que le projet et les entreprises sont connus.
Le contrat d’assurance DO doit préciser le montant des travaux, la nature du projet et la date de début prévue. Ces informations permettent à l’assureur de calculer la prime et d’évaluer le risque, notamment à partir des attestations d’assurance décennale des entreprises intervenantes.
Il est recommandé de conserver la copie du contrat et l’attestation d’assurance avec les documents du chantier : en cas de vente du bien dans les 10 ans suivant la réception, l’acte de vente doit mentionner l’existence ou l’absence de cette assurance.
Le souscripteur est le maître d’ouvrage : le propriétaire de l’ouvrage, le vendeur ou un mandataire du propriétaire. La souscription peut être réalisée par un particulier, une association, une société civile immobilière (SCI) ou une société commerciale. Un constructeur ou un maître d’œuvre peut accompagner le maître d’ouvrage dans le choix de l’assureur ; s’il souscrit pour son compte, il le fait en qualité de mandataire, et l’assurance bénéficie au propriétaire.
Dans le cadre d’une vente en l’état futur d’achèvement (VEFA), c’est le promoteur, en qualité de vendeur, qui souscrit l’assurance DO. L’acquéreur doit vérifier que l’acte de vente mentionne bien cette assurance.
Pour des travaux sur les parties communes d’une copropriété, le maître d’ouvrage est le syndicat des copropriétaires : l’assurance est souscrite par le syndic pour son compte.
Le coût de l’assurance DO dépend du montant total des travaux, du type de construction (maison individuelle, extension, surélévation) et du profil de risque du terrain (zone sismique, proximité d’un cours d’eau, etc.). Le tarif varie selon les assureurs et les caractéristiques du projet.
Il est conseillé de demander plusieurs devis d’assurance afin de comparer les garanties offertes (garanties complémentaires, franchise, assistance) et de choisir la formule la plus adaptée à son budget et à la nature du projet.
La garantie DO prend en charge les dommages matériels qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, au sens de l’article 1792 du Code civil. Cela peut comprendre : les fissures importantes, les affaissements de l’ouvrage, les infiltrations d’eau majeures, les défauts d’étanchéité du toit, ainsi que les problèmes affectant les installations techniques (chauffage, plomberie) lorsqu’ils rendent le logement impropre à sa destination.
La prise en charge intervient en dehors de toute recherche des responsabilités : le maître d’ouvrage n’a pas à démontrer la faute du constructeur. L’assureur mandate un expert qui évalue les travaux de réparation et verse l’indemnité au maître d’ouvrage ; c’est ensuite l’assureur DO qui se retourne contre les constructeurs responsables et leurs assureurs.
La garantie couvre les dommages apparus pendant la période de garantie décennale, soit 10 ans à compter de la réception des travaux. Elle joue en principe après l’expiration de l’année de garantie de parfait achèvement. Avant la réception, elle n’intervient que si le contrat avec l’entreprise est résilié pour inexécution après une mise en demeure restée sans effet ; pendant l’année de parfait achèvement, que si l’entreprise, mise en demeure, n’a pas exécuté ses obligations. Elle s’applique même si le constructeur a disparu ou fait faillite.
La police DO ne rembourse pas les défauts d’entretien, l’usure normale ou les détériorations dues à une mauvaise utilisation du bâtiment (ex. : fuites liées à un entretien négligé de la toiture). De même, les désordres purement esthétiques ou les travaux de finition et de décoration réalisés après la réception ne sont pas couverts, sauf s’ils entraînent un dommage relevant de la garantie décennale.
Les dommages ayant une cause étrangère à la construction, comme une catastrophe naturelle (inondation, séisme), relèvent en principe d’autres garanties, notamment de l’assurance habitation au titre du régime des catastrophes naturelles. Les dommages apparus après le délai de 10 ans ne sont pas non plus pris en charge.
Enfin, les travaux de mise aux normes ou de simple amélioration (accessibilité, changement de couleur de façade) ne sont pas des dommages et ne sont donc pas couverts par la DO.
En cas de sinistre, le maître d’ouvrage informe son assureur dès la découverte du dommage, et au plus tard avant la fin de la période de 10 ans. La déclaration se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise contre récépissé, en indiquant notamment le numéro du contrat, l’adresse de la construction, la date de réception des travaux et la description du dommage, si possible accompagnée de photos.
L’assureur désigne alors un expert qui visite le site, établit un rapport d’expertise et estime le coût des réparations. L’assureur dispose de 60 jours, à compter de la réception de la déclaration, pour notifier sa décision sur la mise en jeu de la garantie, et de 90 jours pour présenter une offre d’indemnité (article L242‑1 du Code des assurances).
Si l’offre est acceptée, l’indemnité est versée dans un délai de 15 jours. Si l’assureur ne respecte pas ces délais, le maître d’ouvrage peut, après l’en avoir informé, engager les dépenses de réparation, et l’indemnité est alors majorée d’intérêts. En cas de désaccord, le maître d’ouvrage peut saisir le médiateur de l’assurance ou engager une procédure judiciaire.
L’assurance DO vient en complément de la garantie décennale du constructeur. Tandis que la garantie décennale engage la responsabilité du constructeur, que celui‑ci doit couvrir par une assurance de responsabilité civile décennale, la DO assure le financement rapide des réparations. Une fois l’indemnité versée, l’assureur DO exerce lui‑même les recours contre les constructeurs et leurs assureurs.
Par ailleurs, la DO ne se substitue pas à la garantie de parfait achèvement (un an), qui porte sur les désordres signalés à la réception ou pendant l’année qui suit, ni à la garantie biennale (deux ans), qui couvre le bon fonctionnement des éléments d’équipement dissociables. Le maître d’ouvrage doit donc veiller à ce que les différents contrats (DO, assurances de responsabilité civile décennale des entreprises) soient bien coordonnés.
En pratique, il est utile de demander à l’assureur DO un récapitulatif des garanties et des exclusions, afin de vérifier qu’aucune zone de risque n’est laissée sans protection.
En suivant ces étapes, vous sécurisez votre projet de construction ou d’extension et vous facilitez une prise en charge rapide des dommages de nature décennale.
Le maître d’ouvrage, c’est‑à‑dire le propriétaire qui fait réaliser les travaux, qu’il s’agisse d’un particulier, d’une association ou d’une société.
L’assurance doit être souscrite avant l’ouverture du chantier, c’est‑à‑dire avant le début effectif des travaux. Comme l’étude du dossier peut prendre plusieurs semaines, mieux vaut demander les devis dès que le projet et les entreprises sont connus.
Elle couvre les dommages matériels affectant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, dans le cadre de la garantie décennale.
Non. Elle finance les réparations, mais la garantie décennale reste la responsabilité du constructeur.
Déclarer le sinistre à l’assureur par lettre recommandée avec accusé de réception dès sa découverte (et dans les 10 ans suivant la réception), fournir les pièces justificatives et laisser l’assureur mandater un expert. L’assureur a 60 jours pour notifier sa décision.
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